Le Patrimoine Historique

Le toponyme d’ARCHAMPS, tient ses origines, comme beaucoup de communes de la région, d’un nom latin, ERCHIONIS, vraisemblablement celui du personnage qui avait la charge d’administrer cette contrée, lors de l’occupation romaine. L’Histoire des communes savoyardes précise qu’en 1145, il était déjà question  de  la  paroisse  d’ERCHIONISdans une bulle (lettre officielle) du Pape EUGÈNE III, adressée à l’abbaye de Talloires, dont cette commune dépendait à l’époque.

La longue période correspondant aux règnes Mérovingiens et Carolingiens n’a laissé, sur le plan local, qu’un nombre infime de témoignages archéologiques ou écrits. C’est pourtant à cette époque que remontent certaines fondations dégagées, il y a quelque temps, dans les environs de St-Julien, peut-être en apprendrons-nous, un jour, davantage sur cette période plus ou moins tumultueuse...

Sous la féodalitéARCHAMPS, comme toutes les communes de la région, fait partie du domaine de l’une des deux seigneuries rattachées au donjon de TERNIER, celle appelée «seigneurie de la POËPE de TERNIER», très restreinte, dont la juridiction moyenne comprend quelques territoires des communes actuelles de St-Julien, Neydens et bien sûr Archamps.

Dès le XIIe siècle, des familles importantes par leurs origines ou les services rendus, prennent peu à peu racine et établissent leurs demeures fortifiées dans telle ou telle partie du domaine des Comtes du Genevois. Sur le Salève et sur Archamps, s’édifient le château des MONTFORT et la maison-forte de VILLARD, plus connue, mais à tort, sous le nom d’ARVILLARD. On compte, bientôt, quatre seigneuries à Archamps : LA POËPE, OGNY, VILLARD et MONTFORT. Les deux fortifications citées précédemment n’existent plus aujourd’hui. On ne possède pas de précision sur la destruction de Montfort, par contre on sait, d’après l’historien SPON, que Villard a été détruite par les genevois en 1590, ce qui a probablement été le cas pour Montfort également.

Archamps, bien que paroisse distincte, a longtemps été unie comme commune avec COLLONGES-SOUS-SALEVE, jusqu’en 1836. Celle-ci a souvent changé de juridiction. Au XVIIIe siècle, COLLONGES-ARCHAMPS, avec Bossey, Beaumont et Saint-Julien fait partie du bailliage de TERNIER, province du GENEVOIS. Le siège de cette province, installé à Saint-Julien, est transféré, en 1780,  par VICTOR AMÉ II, à CAROUGE.  Le Département du  MONT-BLANC  est ensuite créé en 1798,  Archamps  en fait partie le 8 fructidor, An VI (25 août 1798), jusqu’à la Restauration. Puis il y a les traités de PARIS de 1814 et 1815, ceux de VIENNE, l’édit du 16 décembre 1815 et le traité de TURIN de mars 1816 qui régissent son appartenance. En 1820, Collonges-Archamps est du diocèse de CHAMBERY, mais de l’archiprêtré de CAROUGE. Enfin la campagne de 1859 et le plébiscite de 1860 règlent définitivement son sort, avec la restitution de la Savoie devenue sarde (et dont elle fait partie) à la France.

La population de la commune vécut longtemps principalement de l’élevage et des produits de la terre. Certains cultivaient la vigne, particulièrement florissante sur les terres possédées par des genevois. Cette vigne donnait un vin qui, dit-on, était très apprécié par les visiteurs. Vers 1875-80, les exploitants viticoles d’Archamps, avec ceux de Bossey, seront très actifs au sein du comité central d’étude et de vigilance contre le fléau phylloxérique qui ravagera les vignobles à cette époque.

Comme dans bien des zones rurales, durant des siècles, la vie à la campagne reste dure et les petits exploitants, bien souvent asservis et affamés, ne parviennent à subsister que grâce à de maigres ressources. BERTHOLLET, châtelain de Collonges-Archamps, en 1756, décrit la difficulté pour les paysans de cultiver un sol assez ingrat, mais dénonce également la vente excessive de charbon de bois à Genève qui contribue à appauvrir les biens communaux. Il trace, par ailleurs, un portrait peu flatteur des deux paroisses et de leurs habitants. Citons-le, sous toute réserve : «Rarement les paysans y deviennent vieux, la débauche contribuant beaucoup à abréger leurs jours et ces débauches sont causées par de petits et mauvais cabarets qui y sont ordinairement pleins des habitants jour et nuit, les fêtes et dimanches, dans lesquels cabarets, la jeunesse se perd totalement, si bien que ce serait un grand avantage pour ces deux paroisses qui ne sont sujettes à aucun passage, n’étant point sur la grande route, si on interdisait les dits cabarets ou tout au moins, si l’on défendait aux habitants d’y aller boire directement ou indirectement. Alors les cabarets tomberaient d’eux-mêmes».

La famille LULLIN, de Genève, devint propriétaire importante à Archamps. AMI jouera un grand rôle lors de la Restauration genevoise et son fils CHARLES-LEONARD sera maire de la commune en 1812. C’est lui qui, dès 1810 aura été le premier prompteur des «fruitières» qui ne virent le jour en France, qu’une trentaine d’années plus tard. A ce propos, signalons que celle d’Archamps fut l’une des plus importantes de la région. Elle a été inaugurée par le Ministre de l’Agriculture, Monsieur PAMS et a permis de donner un grand essor à cette branche d’activité agricole.

Signalons également que c’est à Archamps, lors de l’invasion autrichienne, à la fin du règne napoléonien, qu’eut lieu, au village de LA PLACE, le combat du dimanche 27 février 1814. Les troupes du général SERRANT, furent refoulées sur le Mt-Sion par les soldats du général BUBNA, mais revinrent sur les lieux, grâce à la victoire le lendemain, à St-Julien, de l’armée du général DESSAIX de THONON.


L'église


L'ancienne fromagerie (fruitière)


Les anciennes écoles

Démographie - De 1742 à aujourd'hui

L'évolution de la population:

1742 : 377 habitants*   1773 : 464 habitants*    1776 : 491 habitants*     1783 : 335 habitants*

1783 : 335 habitants*   1786 : 362 habitants*    1800 : 401 habitants       1801 : 705 habitants

1806 : 705 habitants*   1838 : 542 habitants      1848 : 623 habitants      1858 : 618 habitants

1861 : 677 habitants    1866 : 603 habitants      1872 : 578 habitants      1876 : 615 habitants

1881 : 615 habitants    1886 : 627 habitants      1891 : 591 habitants      1896 : 613 habitants

1901 : 590 habitants    1906 : 584 habitants      1911 : 562 habitants      1921 : 529 habitants

1926 : 541 habitants    1931 : 503 habitants      1936 : 511 habitants      1946 : 481 habitants

1954 : 535 habitants    1962 : 613 habitants      1968 : 724 habitants      1975 : 874 habitants

1982 : 1005 habitants  1990 : 1070 habitants     2010 : 1822 habitants   2011 : 2062 habitants

 

* nombre d'habitants avec Collonges-sous-Salève puisque réunies administrativement.

La Paroisse

L’histoire de la paroisse d’Archamps remonte assez loin dans le temps, bien qu’il n’existe rien aux archives de la cure, avant 1613. Déjà citée avec Collonges, parmi les dépendances de l’abbaye de Talloires en 1145, les deux paroisses ont souvent été associées. Toutefois, au Moyen-Age, Archamps faisait plutôt figure d’annexe.

En 1536, les Bernois établissent à Collonges-Archamps le culte réformé. Cependant en 1597, c’est à Archamps que Mgr GRANIER rétablit le culte catholique, en raison du mauvais état de l’église et du presbytère de Collonges ST-FRANÇOIS de SALES, en 1613, prescrit des réparations urgentes. En fin de compte, la réunion des deux paroisses durera jusqu’en 1671. Séparées jusqu’à la Révolution, réunies à nouveau en 1803 (Collonges est alors l’annexe d’Archamps), les deux paroisses ne seront définitivement séparées au spirituel qu’en 1829, alors que sur le plan administratif, cette séparation ne s’opèrera qu’en 1836, comme nous l’avons précédemment noté.

L’église actuelle, dédiée à St-Maurice, date de 1848 (réception des travaux, le 31 juillet 1848, au temps du curé LACOMBE et du syndic Antoine MELLERIO). Construite en style néo-classique à triple nef, sur  colonnes  rondes,  par l’architecte  BROLLIET,  de  Genève.  Son  devis  s’élevait  à 15.374 livres. Elle fut consacrée le 7 mai 1852, par Mgr Louis RENDU, évêque d’Annecy, le curé d’alors était Joseph François  BUFFET.

La cure a été bâtie par le père Joseph Guérin GRIVEL, en 1767, quant aux deux tilleuls devant l’église ont été plantés le 14 décembre 1814, au temps du curé Jean-Claude GENOUX.

La date de construction du premier clocher n’est pas connue, mais  on sait  que la flèche  fut abattue en 1793, pendant la tourmente révolutionnaire. Le curé de l’époque, Jean-Claude Genoux, d’Annecy, dut s’exiler à Aoste. Il revient à Archamps le 21 janvier 1803. Très vite, il projette de reconstruire la flèche du clocher. Il ouvre alors une souscription. L’ouvrage est reconstruit et terminé le 23 septembre 1804. Le travail a été effectué par Pierre DUCHOSAL, charpentier, de Blécheins (à l’époque on écrivait «Bléchin»), qui a reçu 484 fr. pour la façon.

Les 14 tableaux du chemin de croix ont été achetés à Genève pour la somme de 188 fr. et 90 cts. Ils ont été installés dans la nef, le 12 janvier 1851, par le père Joseph François BUFFET, assisté du révérend  CHAUMONTET, curé archiprêtre de St-Julien, délégué par l’évêque pour les bénir.

Les fonts baptismaux ont été fabriqués par le sieur C. PEDRINI (pour le prix de 200 fr.) et ont été placés dans l’église le 24 août 1872, au temps du curé Jean-François DUCRET.

 

Les Cloches de l'Eglise :

Le 14 juillet 1802, une cloche pesant 804 livres est installée au clocher. Elle n'existe plus aujourd’hui.

Les cloches actuelles :

* une cloche de 800 kg (Matilde)

coulée en 1830 par Monsieur Buliod, de Carouge, au temps du curé Jean-François Morel. Don de la commune d’Archamps.

* une de 620 kg (Odile)

don du Père François Joseph Buffet, curé d’Archamps.

*  une de 426 kg (Colette)

acquise par souscription de la paroisse d’Archamps.

Ces deux dernières cloches ont été coulées en 1864 par Paccard frères, d’Annecy-le-Vieux.

L’électrification a été réalisée en 1941, financée en majeure partie par un don de 20.000 fr de Mademoiselle Bardy et c’est le samedi 14 juin, à midi, que les trois cloches sonnèrent à toute volée, mues pour la première fois par le courant électrique.

Le Patrimoine Architectural

L’habitat :

Celui-ci forme principalement trois hameaux et un important lotissement. Notons également que quelques habitations sont dispersées le long des axes principaux, mais la tendance urbanistique actuelle vise à limiter ce mitage.

 

Les constructions :

Les habitations, dans leur ensemble, sont de style savoyard : constructions sur un ou deux étages avec combles aménagés, éclairés par des lucarnes. Toitures à deux pans et nez cassés. A noter néanmoins qu’un style plus moderne commence à se répandre.
Les matériaux le plus fréquemment utilisés sont les plots de ciment pour les murs et la tuile carrée d’argile brun rouge pour les toitures.
Les plus anciennes maisons sont faites de mortier et de pierres. Une partie de leurs pignons sont
recouverts de bois. Les avant-toits, très larges sont supportés par une poutraison en forme de potence appuyée en façade. Les ouvertures sont généralement de dimension réduite.


Les édifices publics :

*L’église d’Archamps est de construction néo-classique à triple nef sur colonnes rondes. Elle a été édifiée (l’actuelle) en 1848. Une partie du presbytère attenant à l’église est assez ancien (XVIIIème Siècle) ; il a fait l’objet d’un agrandissement dans des périodes plus récentes. Le clocher, reconstruit après la Révolution (1804) a été récemment restauré (1982).

*Le monument aux morts a été érigé par le sculpteur Darel en 1922.

*Les deux bâtiments des anciennes écoles, qui datent du début du XXème Siècle, sont utilisés comme salles de réunion pour les associations.

*Le bâtiment de l’ancienne fruitière date des années 20. Aujourd’hui transformé, il abrite la mairie, une salle polyvalente et deux salles réservées à la pratique et à l’apprentissage des arts martiaux.

*Le groupe scolaire « Raymond FONTAINE » a ouvert ses portes lors de l’année scolaire 2001-2002. Il allie tous les équipements d’une école moderne dans un même ensemble intégré au chef lieu. Il regroupe toutes les classes primaires et maternelles, ainsi qu’un restaurant scolaire.

 

Les édifices historiques :

*L’importante bâtisse située à la sortie est du chef-lieu a appartenu à la famille LULLIN. Charles-Léonard, fils d’Ami (réformateur genevois) l’a occupée et vraisemblablement réaménagée lorsqu’il était maire d’Archamps en 1812.

*La Maison-forte de Villard, aujourd’hui pratiquement disparue, date du XIIIe siècle. Seule la base de ce qui a pu être une tour est encore visible et sert d’appui à un mur de retenue de la cour d’une ferme qui a été, par la suite, reconstruite sur son emplacement. Cette maison forte (selon l’historien Spon) a été détruite lors de l’invasion bernoise en 1590.
C’est probablement ce qui fut également le cas du *Château de Montfort, édifice qui surmontait le promontoire situé au-dessus de
Blécheins et dont il ne reste que quelques pierres encore visibles
aujourd’hui.

 

Quelques vestiges du passé :

Chaque hameau possède au moins une fontaine. Celles-ci servaient jadis de lavoir ou d’abreuvoir pour les bêtes. Récemment restaurées, la plupart d’entre elles fonctionnent aujourd’hui. De nouvelles fontaines sont installées dans de nouveaux habitats collectifs.
Deux anciennes croix (calvaire) existent encore. La première, en bordure de la route de La Bossenaz, est en bois et date du XVIIIème Siècle. L’autre, en mortier de ciment, a été installée tout près de l’entrée de l’église. Sa construction remonte au milieu du siècle dernier.
Sur le fronton du presbytère, on peut distinguer les restes d’un blason. Celui-ci représente trois feuilles de houx placées deux sur
une. Des cordons complètent cette figure qui, pour l’instant, n’a pu être attribuée à une famille connue. Cet emblème est utilisé dans les armoiries communales depuis 1984.

Le Patrimoine Naturel

Approche géologique :
En Plaine, le sol est composé d’un terrain argileux, avec par endroits, des affleurements de molasse. Sur les hauteurs, on rencontre un terrain alluvionnaire, du calcaire zoogène et de la moraine à éboulis.

Les sites archéologiques :
On estime qu’il pourrait exister des vestiges archéologiques, notamment dans le secteur de Blécheins, mais actuellement aucune découverte n’a été relevée.

La grotte :
Il existe une grotte, sur le territoire communal, la «Grotte d’Archamps» qui se situe à 900 mètres d’altitude, au pied des falaises dénommées «Rochers d’Archamps». Cette grotte a une distance d’environ 400 mètres et se caractérise par des aspects très variés (gours, salles, corniches, lac...).

La forêt :
Etant en grande partie du domaine communal, la zone forestière débute aux confins des hameaux de
Vovray et Blécheins. Elle se répartit en deux secteurs : «la forêt sectionnale de Vovray» sur 8,30 ha, à 700 m. d’altitude et «la forêt communale d’Archamps», de 58 ha qui débute à 715 m. d’altitude et environne les Rochers d’Archamps, à environ 1220 m. Celle-ci se compose principalement de 68 % de feuillus (hêtre, tremble, érable, frêne...) et de 32 % de résineux (sapin, épicéa et douglas). En plaine, on rencontre plusieurs chênes âgés de plus de trois-cents ans.

Les ruisseaux :
Plus d’une quinzaine de ruisseaux descendent de la montagne et parcourent la commune. Les plus importants sont l’Arande et La Drize. La plupart de ces cours d’eau prend naissance à mi-hauteur du Salève, au lieudit «Les Essaies» ou sous Montfort. Leur débit varie selon les saisons, mais rarement celui-ci atteint de très fortes crues.

Le milieu montagnard :
Il se caractérise par une activité limitée à quelques emplacements sur le Salève où se pratique l’alpage. Signalons toutefois qu’il a toujours existé une réelle activité de loisirs sur le Salève, tant au niveau
touristique qu’au niveau sportif, notamment avec la pratique des sports d’hiver.

Le milieu campagnard :
Il ne reste que huit exploitations agricoles à Archamps. Toutefois, celles-ci sont très actives et sont tenues par des cultivateurs relativement jeunes. Les parcelles cultivées ne présentent pas un découpage très rigoureux, néanmoins on rencontre, par endroits, quelques haies séparatives. Les cours d’eau servent également de limites à certaines d’entre-elles.

Souvenirs de 1814 : L'Invasion Autrichienne et la Bataille d'Archamps

L´issue désastreuse de la campagne de Russie avait clôt l´ère des victoires napoléoniennes et la bataille de Leipzig, d´octobre 1813, s´était achevée par la retraite des français, repoussés sur le Rhin et talonnés par les armées coalisées de Russie, d´Autriche et d´Allemagne. L’Empire s’effondrait peu à peu.
En fin 1813, notre région dépendait de l´arrondissement de Genève et du canton de Carouge, la ville et ses environs, territoires français, avaient été introduits, en 1798, au nouveau ”Département du Léman”. Le maire de Collonges-Archamps (communes alors réunies) était Charles-Léonard Lullin, fils d´Ami, lequel fonda en 1810 la première fruitière de la région. Il avait remplacé Jean-Michel Berthollet, le 14 novembre 1812. Les deux communes comptaient ensemble 725 habitants qui se répartissaient dans deux hameaux (qui deviendront les actuels chefs-lieux) et quelques foyers disséminés à Blécheins,
Vovray, La Place...

Le 21 décembre 1813, au mépris de la neutralité Suisse, le corps autrichien du général Ferdinand Bubna était entré à Bâle puis avait traversé le pays, son objectif étant de descendre sur Genève, entrer en France et rejoindre Lyon, pour prendre Napoléon à revers. Le 27, les troupes avaient atteint Lausanne et poursuivaient leur marche sur Genève. Apprenant cela, le préfet Capelle quitta précipitamment la ville, tandis qu´une commission de gouvernement, animée par Joseph Des Arts, Ami Lullin et Auguste Saladin de Budé se constituait. Celle–ci, après avoir longuement parlementé avec Bubna, obtint que les troupes autrichiennes traitent la cité en amie, sur la condition qu´il ne soit pas opposé de résistance. De ce fait, le général Nicolas Jordy et ses hommes, constituant la garnison impériale, évacuèrent la place le 30, sans combattre. Le soir même, les autrichiens entraient à Genève et la commission de gouvernement s´érigeant en ”gouvernement
provisoire” proclamait la restauration de l´ancienne République. L´occupation française avait duré ”quatorze ans, huit mois, quatorze jours, dix heures et trente minutes” notera avec une précision toute horlogère un certain Fillion.
Devenu le maître des lieux, Bubna installa son campement dans la campagne genevoise et entreprit rapidement, avec ses 10.500 hommes, d´occuper l´ensemble du bassin lémanique. De leur côté, les partisans de l´Empire, devant la carence des autorités, se mirent aussitôt à l´ouvrage pour rallier les fidèles de la France napoléonienne et organiser la résistance. On recruta parmi les vétérans et les officiers des campagnes qui s´étaient succédées depuis 1793. Leur chef de file, le général Joseph-Marie Dessaix, ancien gouverneur militaire de Berlin, dès l´occupation de Genève, quitta sa maison de Marclaz, près de Thonon, pour organiser la levée en masse dans les départements du Léman et du Mt-Blanc, tandis que le comte de St- Vallier, secondé par Henry Beyle (Stendhal), était nommé commissaire extraordinaire pour
diriger la défense nationale dans le Sud-Est de la France.
En quelques jours, une armée de défense fut mise sur pied pour faire face aux autrichiens qui reprenèrent leur avance, dans le milieu de janvier 1814. Malheureusement, ses effectifs, inférieurs à ceux des opposants, ne lui permit pas de stopper la progression de l’ennemi, vers l´intérieur du pays. Partout, les français cédaient du terrain, au point que Bubna parvint à atteindre Annecy le 20 janvier et Chambéry le
lendemain. Bientôt, toute la Savoie et le Pays de Gex furent occupés.
Cependant, après cette longue retraite, les troupes françaises se ressaisirent. Le général Dessaix avec ses lieutenants Servant et Marchand regroupèrent leurs forces et passèrent à l´offensive. Déferlant par la Maurienne, ils attaquèrent les avant-postes autrichiens, les obligeant à se replier sur leurs positions. De sérieux engagements eurent lieu à Yenne et à Chambéry. L’offensive se poursuivant, le 22 février, l’armée française atteignait le Fier, puis en trois jours, franchissait  le torrent des Usses et livrait bataille à Frangy et
Cruseilles. A partir du 25, elle occupait le côteau entre Landecy et St-Julien. Ses avantpostes s´établissaient sur les hauteurs entre Beaumont et Viry.
Le dimanche 27, par un temps maussade et une neige qui tourbillonnait, balayée par une bise glaciale, le général Serrant, adjoint de Dessaix, ordonna à ses hommes de donner l´assaut aux troupes autrichiennes, massées au pied des côteaux saléviens, vers le Châble et Moisin. L´accrochage eut lieu à Archamps, au
hameau de La Place ; la fusillade fut vive, le canon tonna et les autrichiens opposèrent une farouche résistance. Par trois fois, durant la même journée, Archamps fut pris par les français et autant par l’ennemi. Les habitants fuyaient, épouvantés par les détonations des fusils et des canons qui tiraillaient de toutes
parts. Malheureusement, Serrant avait attaqué impétueusement contre des forces supérieures. Le soir venu, il ne put emporter la décision et dut se replier sur Cruseilles.
Durant la journée du 28, Dessaix qui avait engagé ses forces sur le Vuache, le soir, occupait, en personne, le village de l’Eluiset.
Le mardi 1er mars, la bataille débuta vers 7 heures du matin, avec acharnement. Véritable bataille rangée entre une division autrichienne installée de Pomier à La Côte, avec quatorze canons et la division de Dessaix, inférieure en nombre et dotée de trois canons seulement. La ligne de front s´étallait du Fort l´Ecluse jusqu´à la montagne du Salève. Débordé sur sa droite (Songy) et sur sa gauche (Ogny), le gros des
autrichiens se replia au nord de l’Aire, installant son artillerie à La Feuillée et au Crêt de St- Julien, tandis que les français plaçaient la leur à Ogny, d’où leurs boulets atteignaient Chabloux. Les combats durèrent jusqu´à 8 heures du soir, sans relâche. Les autrichiens furent refoulés de la plaine du Vuache et de St-Julien, jusqu´aux portes de Genève et durent laisser Dessaix occuper Carouge. La tombée de la nuit, la neige et le manque de munitions avaient arrêté l’élan des troupes françaises qui comptaient trois cents hommes hors de combat. Les autrichiens avaient, eux, perdus neuf cents hommes.

Pendant toute la durée des opérations, du haut de la Treille, les genevois, inquiets, avaient assisté, à la longue vue, aux péripéties de la bataille. Ils purent néanmoins dormir plus tranquilles, leur ville, «berceau de la liberté» (Dessaix dixit), était épargnée par la guerre.
Le général Dessaix, peu après, fut nommé gouverneur de Genève. Il refusa toutefois de se servir de son artillerie pour enlever la cité, comme il en avait reçu l’ordre, épargnant ainsi des massacres. Il faudra les ultimes revers de la Campagne de France et la capitulation d’Augereau, à Lyon, pour le contraindre au repli, dans la nuit du 22 au 23 mars 1814.

La Société Fruitière d'Archamps

Les producteurs de lait, au fil des siècles, se sont toujours heurtés à un problème majeur : la conservation du lait dans le temps. En période estivale, la durée de conservation est de l’ordre de vingt-quatre heures. les agriculteurs se sont donc évertués à chercher des solutions : le faire bouillir... puis le cailler pour obtenir ensuite du fromage et de la tomme. Par conséquent, si le réfrigérateur avait exité, il y a cinq-cents ans, fromages et tommes n’auraient peut-être jamais vu le jour.
Au début, chaque producteur travaillait à sa façon, dans son coin. Peu à peu des regroupements s’organisèrent. Certains confiaient leur lait à celui qui avait le meilleur savoir-faire, puis vint l’approche industrielle et commerciale, la fruitière naquit. La première de notre région fut construite à Viry, en 1850.
Les troupeaux, au début du siècle, se composaient le plus souvent de quatre à cinq têtes. Les plus importants comptaient dix à quinze têtes. Il existait alors à Archamps trois pèse-lait distincts, au cheflieu,
à Vovray et à Blécheins. Les surplus de production étaient vendus au détail ou écoulés à Genève.
C'est sous l'impulsion de Monsieur Emile Claret, homme dynamique et entreprenant que fut décidée
la création de la "Société Fruitière d'Archamps". Les actes furent passés par devant Me Gojon Notaire
à St-Julien, le 1er septembre 1910. Monsieur Claret apporta ensuite beaucoup à la commune. Au cours
de ses mandats de maire, il fit construire des lavoirs dans chaque hameau puis il lança la construction
de la route reliant Blécheins à Vovray.
Les premiers sociétaires du tout nouveau groupement étaient au nombre de quatre-vingt-deux. Ils se
répartissaient géographiquement de la façon suivante : Vingt-deux membres à Vovray/Chautard
(orthographe de l'époque), onze membres au hameau du Coin, commune de Collonges, dont Monsieur
François Blanc, maire de ladite commune, vingt-trois membres à Blécheins et vingt-six au chef-lieu
d'Archamps, dont Monsieur Louis Déprez, maire. Le premier conseil d'administration, composé de sept
membres nommait : Président fondateur : Emile Claret - vice-président : Louis Déprez - secrétaire :
John Marc Favre - trésorier : Etienne Larue, lequel sera maire d'Archamps par la suite.
La première décision de ce conseil fut de procéder à l'achat d'un terrain destiné à la construction d'un
bâtiment qui sera doté d'une salle de fabrication, d'un appartement, d'une salle de réunion (ou salle des
sociétés), ainsi que d'une porcherie en annexe. Un emprunt de 66.000 fr. fut contracté le 13 août 1911,
auprès de l'Etat. La construction de l'édifice entièrement conçu en pierres extraites d'une carrière située
au-dessus de la ferme Claret, se déroula dans les années 1911 et 1912. L'architecte, Monsieur Sautier,
percevra 3200 fr. de frais d'honoraires pour le suivi du chantier. Le matériel d'exploitation sera financé
par un emprunt de 16.000 fr. assuré par la famille Adduar de Genève.
Le bâtiment, pour l'époque, était d'avant-garde et a conservé d’ailleurs fière allure jusqu'à aujourd'hui.
Le premier fruitier, Monsieur Charbonnet, n'hésitait (paraît-il) pas à dire : «Je suis le roi des fruitiers dans
la reine des fruitières !». Les pèse-lait de Vovray et de Blécheins ont été conservés et ont toujours
fonctionné. La Société Fruitière avait mis en place des peseurs dans chacun d'eux, ainsi que des
transporteurs appelés "charretiers" pour descendre les boilles de lait au chef-lieu. Le transport est alors
appelé "charroi"... puis "la mène" en 1942. Il se faisait, au début, à l'aide d'une charrette tirée par un
cheval et l'hiver avec un traineau. Le compte-rendu du conseil d'administration du 26 novembre 1913
précise que : «Les boilles de lait soient marquées par des numéros différents, afin d'éviter les disputes
entre les charretiers qui se les prennent les uns les autres».
Le 10 mars 1912, une convention est passée afin que soit traité le lait des producteurs du village de
La Croisette, lequel était descendu à Vovray par le câble transporteur. Le 12 décembre 1913, c'est au
tour de la ferme de Chosal, exploitée alors par Messieurs Emile et François Bayard, de passer un accord
avec la Société Fruitière d'Archamps.
La salle de réunion était louée aux organisateurs de manifestations de la commune. L'article 6 du
règlement précise : «Avant de donner concerts ou toutes autres attractions, deux membres du conseil
d'administration seront chargés d'examiner si les programmes à exécuter contiennent quelque chose
contraire à la moralité publique». Le 12 février 1925, il est donné autorisation à la société "l'Avenir
d'Archamps", compagnie théâtrale du village (relancée avec succès d'ailleurs, en octobre 1961), de laisser la scène et les décors dans la grande salle des sociétés. A la fin de la Grande Guerre, le président Emile Claret propose lors de l'assemblée générale du 16 mars 1919, d'élever dans la cours de la fruitière, un monument aux morts. Le projet semble avoir eu du mal à aboutir puisqu'en juillet 1921, une pétition est lancée auprès des sociétaires : soixante-six sont pour et dix-sept sont contre ! Il semble bien que la discorde portait sur le lieu d'implantation qui était, en fait, un terrain privé... Toujours est-il que le monument sera érigé devant les écoles et inauguré au début de 1923 !
Le lait collecté sera donc conditionné pour être transformé en gruyère et en beurre. L'installation qui équipe la salle de traitement du lait est mue par une machine à vapeur. La qualité du lait sera un souci constant, des recommandations sont régulièrement faites aux sociétaires. Lors de l'assemblée générale du 12 février 1914, il est stipulé : «... que chaque sociétaire ne tienne pas plus d'une chèvre pour le nécessaire du ménage afin d'éviter que les sociétaires mélangent le lait de chèvre avec celui des vaches, ce qui gênerait considérablement la fabrication du gruyère». Afin de dissuader les éventuels fraudeurs, un système d'amendes est mis en place : 50 fr. lors de la première fraude, 100 fr. pour la deuxième et 200 fr. à la troisième avec exclusion de la société. Au cours de l'année 1916, deux producteurs se font "attraper", l'un ayant rajouté 42 % d'eau dans son lait (!), l'autre 19 %. Il est à noter que les fraudeurs étaient l'exception et se trouvaient bien vite mis à l'écart par les autres agriculteurs.
Le lait était parfois vendu par soumission aux différents fromagers de la région, ainsi qu'aux "Laiteries
Réunies Genevoises" qui deviendront "Laiteries Réunies" tout court en 1923. Les adjudications de 1916
à 1922 seront attribuées à Monsieur Girod de Beaumont, précurseur des fromageries Girod que nous
avons bien connues. Dès 1926, les Laiteries Réunies demandent que la fabrication des fromages se
fasse à Archamps et que le surplus de la production soit vendu à Lyon.
Les transactions et les payes relatives au commerce du lait se traitaient alors exclusivement en espèces et c'est en janvier 1941 que la société fruitière ouvrit son premier compte bancaire à la Caisse régionale du Crédit agricole d'Annemasse. Durant la deuxième Guerre Mondiale, un accord fut signé entre le Secrétariat d'Etat au Ravitaillement du gouvernement de Vichy et les Laiteries Réunies, stipulant que le lait exporté en Suisse devait être échangé contre du fromage suisse.
Monsieur Robert Ottiger sera employé comme fruitier par les Laiteries Réunies et aura comme «commis» des jeunes du village, tels que Pierre Tupin, Pierre Grillet, Charles Niquille, Marcel Guillermet, Charles Dubosson et quelques autres... Madame Ottiger, son épouse assurera la gestion comptable, ayant à gérer le casse-tête des cartes d’alimentation, pendant la guerre. L’activité majeure de l’établissement sera la fabrication sur place de gruyère suisse et de beurre. Le cheptel de la porcherie se développera grâce à l’élevage de porcelets. On notera au passage qu’avant la guerre, la société fruitière a obtenu une médaille d’or pour la qualité de son beurre au concours agricole de Paris.
Succéderont aux époux Ottiger : Monsieur Léon Lavorel, de 1950 à 1957, Monsieur Augustin Verdanet, de 1958 à 1960, Monsieur et Madame Duding, de 1960 à 1965 et Monsieur et Madame Chappuis, de 1965 à 1971. A partir de cette date, le lait sera à nouveau vendu aux Laiteries Réunies de Genève, comme cela se pratique encore aujourd'hui.
La Société Fruitière, au cours de son existence, a du faire face parfois à des situations plus ou moins
difficiles :
- L'apparition de la fièvre aphteuse durant la période de 1950 à 1962 contraint les producteurs à
effectuer régulièrement des vaccinations du cheptel.
- Les rejets de purin de la porcherie dans l'Arande (ou Arandaz, nom de l'époque) provoquèrent la
réaction des riverains. Après maintes péripéties, la Société Fruitière fut condamnée, le 1er juillet 1953,
à verser 600 fr. d'amende plus les frais de recours en justice. Par la suite, le stockage des effluents
devint nécessaire, lesquels étaient ensuite épandus.
Les divers présidents qui se sont succédés pour assurer la bonne marche de la société et surtout
pour arbitrer les difficiles négociations annuelles du prix du lait sont :
- Monsieur Emile Claret, président fondateur de 1910 à mars 1947... soit trente-sept ans de bons et
loyaux services (c'est lui qui fut également maire d'Archamps).
- Monsieur Marcel Claret (fils d'Emile), de 1947 à 1954.
- Monsieur Emile Dussetier, en 1954 (environ six mois).                                                                                                - Monsieur Albert Cottet, de 1955 à 1962.
- Monsieur Jules Brand, de 1962 à 1973.
- Monsieur Francis Larue, de 1973 à 1988.
- Monsieur Bernard Larue, actuel président depuis 1988.
Le nombre des sociétaires a régulièrement diminué, soulignant la mutation progressive de l'agriculture
vers l'industrialisation et la productivité : 1910 : 82 sociétaires - 1951 : 50 - 1962 : 37 - 1970 : 24 - 1976
: 19 - 1989 : 11 - En 1998 : 9 restent encore en activité.
Le fait de porter le lait au pesage, deux fois par jour, permettra à chacun d'échanger les dernières
nouvelles et de communiquer ; les sujets ne manquent pas, la famille, la vie du village, le travail aux champs. Jusque dans les années 60, personne, le soir, n'était pressé de rentrer pour regarder la télévision, ainsi, ces relations permettront une meilleure cohésion sociale et favoriseront une solidarité toujours propre aux gens de la terre. Actuellement, trois sociétaires se rendent encore, avec leur "boule", à la fruitière d'Archamps. Les autres possèdent un "tank" (réservoir à lait) et c’est la société coopérative qui vient collecter le lait à l’exploitation.
C'est le 30 mars 1978 que la Société Fruitière passe acte d'échange avec la commune pour une partie du
bâtiment. Cette transaction permettra, moyennant transformation des lieux, l'installation de la mairie et de la
petite salle communale. La grande salle polyvalente fera l'objet d'une adjonction au bâtiment primitif, sous
laquelle sera installée l'école maternelle. Les locaux de la porcherie seront, quant à eux, transformés en
atelier et garage municipaux, pour une partie et en boulodrome couvert, pour l'autre partie. Des bâtiments
qui ont connu une belle existence, laquelle n'est pas encore sur le point de s'achever.

 

Sources de notre article : Registre des compte-rendu de conseils d'administration et assemblées générales                                                                                            Mme OTTIGER, épouse de M. Robert OTTIGER

Un Arbre Remarquable

C’est le 6 novembre 2005 que l’Association A.R.B.R.E.S., lors d’une visite dans les départements de l’Ain et de la Haute- Savoie, a «labellisé» le magnifique chêne, situé en bordure de la route de la Bossenaz, dans la propriété privée de Mme TORCHE Jacqueline (parcelle du Pré Galopin). C’est Michel BRAND qui a signalé
cet arbre à Mme Gilberte LACK, déléguée de l’Association pour la région Rhône-Alpes.
Avant d’en venir à notre désormais « star » de la commune, faisons connaissance avec l’Association
A.R.B.R.E.S.
Créée en juillet 1994 par un groupe de scientifiques, d’universitaires et de passionnés de l’arbre, son Président fondateur, à ce jour Président d’Honneur, est M. Robert BOURDU, professeur honoraire de la Faculté d’Orsay à Paris. Le Président actuel est M. Georges FETERMAN, professeur agrégé de sciences naturelles. L’Association regroupe 400 adhérents ; son objectif est de
— rechercher,
— rassembler les informations
— protéger les arbres ayant une valeur patrimoniale.
Un arbre est dit « remarquable » de par sa valeur culturelle : il a surmonté les épreuves du temps et force le respect de par ses qualités biologiques : grand âge, grande taille, forme insolite, étendue du houpier (surface des branches), mais il peut aussi avoir une valeur sociologique : relation avec l’homme, l’histoire, avec un lieu, une légende…
Depuis l’an 2000, l’Association attribue le label « Arbre remarquable de France » à des arbres forestiers ou campagnards, ruraux ou urbains, dans le cadre de son opération « 200 arbres pour retrouver nos racines ». A ce jour, plus de 100 arbres ont été recensés dont 3 tilleuls en Haute-Savoie : Féternes en mai 2000, Samoëns en novembre 2000, Douvaine en 2001.
Venons-en donc à «notre chêne» qui a eu l’honneur de la visite de la délégation composée d’une quinzaine de personnes… journalistes compris.
Situé dans une propriété privée au bord de la route de la Bossenaz, à droite en descendant à Collonges, ce bon vieux chêne a déjà eu droit à une expertise lorsque les travaux de réfection de la route ont été effectués en octobre 1991.
Sa fiche d’identité est la suivante : il s’agit d’un chêne « protonculé », dont la circonférence est de 5,50 m
à une hauteur de 1,30 m et 6,75 m à hauteur d’homme. Le tronc très vite se divise en deux parties. Sa hauteur est évaluée à 25 mètres, son âge probable se situe entre 300 et 400 ans. Le diamètre de son houpier (étendue des branches à l’horizontale) est en moyenne de 18 mètres. Ce chêne peut être qualifié d’ «historique» : il porte en son tronc les stigmates des durs combats de février 1814 entre les troupes autrichiennes du Maréchal Bubna et les troupes françaises du Général Dessaix.
Les «anciens» de la commune rapportent, en effet, que plusieurs boulets de canons étaient restés figés dans le tronc de plusieurs arbres de la commune dont celui-ci. On trouve sa trace sur une intéressante carte postale datée de 1900, ce qui nous montre sa croissance sur une centaine d’années. Le seul regret est que le mur d’enceinte de la propriété cache la puissante base de son tronc.
Madame TORCHE, propriétaire des lieux, a accueilli les visiteurs d’un jour avec enthousiasme et c’est avec joie et fierté qu’elle a appris la classification de son protégé ; et nous pouvons lui faire entière confiance pour qu’elle en prenne le plus grand soin.